La première table ronde de la femme, médecin libéral du Languedoc Roussillon s’est tenue le 5 juin dernier, à la grande motte.
Le docteur Dominique Jeulin-Flamme, Présidente du syndicat national des médecins homéopathes français(vérifier le titre exact), et membre fondateur et actuelle secrétaire général du syndicat des médecins libéraux de l’hérault, était l’hôte et l’organisatrice de cette réunion consacrée d’une part à établir un point actualisé de la situation de la féminisation de la médecine libéral en région, et d’autre part à tracer des axes de réflexion et d’action pour favoriser l’attractivité de la profession.
Dominique Jeulin-Flamme a ouvert la session en rappelant l’historique de ces Assises Femme médecin libéral menée par le syndicat des Médecins Libéraux depuis plus d’un an. Consultation mise en place à l’initiative du docteur Christian Jeambrun, président du syndicat, elle a vu se tenir les premières Assises de la Femme, Médecin Libéral en décembre 2009. Depuis, 9 réunions ont eu lieu en région, des propositions concrètes ont vu le jour, en particulier sur les cotisations retraite des bas revenus. Les secondes Assises se tiendront à Paris les 3 et 4 décembre prochains, à la Maison de la Chimie.
Rémy Fromentin, qui a tenu les rennes de l’URCAM DU Langudoc-Roussillon en étant à l’époque aussi Président des Directeurs d’URCAM , a exprimé sa position sur la loi HPST, qu’il voit comme une étape d’un long cheminement vers une étatisation de la santé. Les ARS installent l’état à la porte de chaque région. En Languedoc Roussillon,Madame le docteur Martine Aoustin a été nommée aux fonctions de directeur de l’agence Régionale de Santé et sa mission se définit comme étant celle d’un « préfet sanitaire », avec des rapports qui seront à n’en pas douter parfois compliqués avec le Préfet de région.
3 éléments importants sont à retenir : la notion de « communauté hospitalière de territoire », le développement des « maisons de santé pluri professionnelles », et la réorganisation de la permanence des soins.
La médecine libérale subit le même mouvement économique que d’autres fournisseurs de soins, et comme eux, survivra en se regroupant. 45 000 cabinets médicaux aujourd’hui, combien demain, 10 000?
La médecine libérale pour ne pas disparaitre doit et a commencé à se transformer avec une vision « entreprenariale ».
Le docteur Marie-Hélène REY, chirurgien, a évoqué les problèmes de rémunération et avec des questions simples : Un médecin libéral, ça doit gagner combien? Pour combien d’heures par semaine quand on sait qu’actuellement un médecin travaille 54 heures par semaine en moyenne, et 40 semaines par an…Si on se refère à certaines études , le tarif horaire du médecin actuellement approximativement de 30 euros. Est-ce décent? Lemonde libéral effraie, cependant beaucoup de médecins veulent quitter l’hôpital.
Il faut établir ce qui n’est pas rémunéré aujourd’hui, et le forfaitiser. Le compagnonage, en médecine générale mais aussi dans d’autres spécialités est un bon outil pour rassurer et faciliter l’installation du jeune médecin.
Le docteur Murielle DOUSSE DOUET, médecin généraliste en Lozère , reste enthousiaste sur son métier, sa richesse, la réelle place du médecin au contact de la population. Elle est cependant consciente de la lourdeur d’une gestion de cabinet et de l’astreinte professionnelle qu’elle assure depuis 30 ans à Saint Chély d’Apchet. Elle se pose la question : pourquoi les jeunes médecins accepteraient ces contraintes, quand de multiples autres voies s’ouvrent à eux ?
Le docteur Aurélie Cottel est une jeune interne en médecine générale mais qui a déjà fait de nombreux remplacements, en rural comme en ville. Elle constate que les études ne préparent pas à l’installation. Exercer le métier de médecin ne doit pas être un sacerdoce, tous les étudiants aspirent à concilier leur vie professionnelle, familiale, personnelle. Elle se tourne vers une solution de mutualisation des moyens et de partage des tâches.
Le docteur Gérard Maudrux, président de la CARMF, a tracé les contours de la situation actuelle. Il rappelle les mesures d’adaptation soumises à l’approbation du gouvernement, et soutenues par Madame Valérie Boyer, député des Bouches du Rhône , en particulier une mesure phare, attendues par de nombreux médecins femme, l’allégement de la part forfaitaire de l’ASV pour les bas revenus.
L’après-midi débute avec Nathalie Lapeyre et son travail sur la sociologie des femmes à haut investissement professionnel.
La table ronde a ensuite réuni le docteur Christian JEAMBRUN, président du syndicat des médecins libéraux, le docteur Agnés Garnier et le docteur Dominique Jeulin-Flamme. Le docteur Agnès Garnier est présente à double titre. Elle est venue au titre de l’association « Femmes, Chef d’entreprise » et elle s’est aussi installée en libéral dans un cabinet d’anatomo-pathologistes après une expérience hospitalière Elle nous raconte son expérience de femme chef d’entreprise : gestion des investissements, du personnel, mise aux normes, accréditations. Et elle insiste sur l’absence totale de formation des médecins lors de notre cursus universitaire. Elle a eu la chance de rencontrer l’association, Femmes, chef d’entreprise qui l’a aidée par des formations et l’entraide. L’histoire de la céation de cette association est emblématique de la richesse qu’apporte la présence des femmes dans un secteur d’activité En effet, lors de la première guerre , en 1915, les femmes ont par nécessité étaient obligés d’assurer le fonctionnement des entreprises, les hommes étant partis comme soldats et c’est à la fin de la guerre 1945 que l’association femmes chef d’entreprises est née pour que l’expérience des unes puissent aider les femmes qui ont du reprendre les entreprises par nécessité .Le docteur Jeambrun a tracé les grandes lignes du projet du SML pour la médecine libérale, permanence des soins, rémunérations, mode d’expertise particulier, soutien aux projets innovants, projet accessible dans son intégralité sur le site lesml.org
Dominique Jeulin-Flamme a conclu cette journée par un remerciement aux intervenants, au public, particulièrement à ces femmes, médecins libéraux, qui, si elles ne sont pas femmes de pouvoir, sont des femmes de convictions et d’action.